Pour remettre en cause la Sécu, le gouvernement ne fait pas preuve d'une grande imagination : au centre, la culpabilisation, et tout autour, une kyrielle de mesures qui visent toutes à ce que les soins soient payés par les patients eux-mêmes.

Franchises médicales, participation forfaitaire, forfait hospitalier... Petit à petit, la gratuité des soins, financée par la solidarité entre assurés sociaux, est remise en cause au profit de systèmes privés. C'est tourner le dos à l'accès aux soins pour tous, mais également mettre de nouvelles barrières entre les gens et les progrès médicaux dont chacun devrait bénéficier.

Parallèlement, l'hôpital public, l'autre pan de l'accès aux soins pour tous, est asphyxié. La tarification à l'activité, la pénurie organisée de personnels et la suppression de lits l'ont mis en quasi état de faillite. À Villejuif, l'IGR, premier centre européen de lutte contre le cancer, est face à une situation budgétaire catastrophique qui remet en cause sa capacité à assurer ses missions de service public.

Il n'y a aucune fatalité à ce que la Sécurité sociale, cet outil original et performant, ne puisse pas perdurer. Le trou de la Sécu, c'est seulement 12 milliards ; les exonérations patronales, c'est 28,7 milliards par an. Taxons les stock-options comme les salaires, et c'est 8,3 milliards de plus.

C'est une question de choix de société : le choix de l'individualisme, du non-accès aux soins pour le plus grand nombre ou le choix de la solidarité active entre tous.