Le Maire de Villejuif et les élus soussignés du Conseil municipal s’adressent solennellement à vous


Madame, Monsieur,


Nous vous lançons cet appel solennel car la situation devant laquelle se trouve notre ville comme l’ensemble des collectivités est d’une extrême gravité. Jamais nos actions et nos projets n’auront été autant ébranlés par les décisions du gouvernement et la crise financière.

Depuis des années, les désengagements et transferts de l’Etat nous étranglent. Désormais, la loi de finances nous impose de participer directement à la réduction de ses déficits. Et le Président Sarkozy vient d’ajouter une mesure totalement insupportable pour les collectivités territoriales et les populations: la suppression de la taxe professionnelle dès l’an prochain.

Alors qu’elle constitue la première ressource des communes, (pour Villejuif cela représente 11,4 millions d’euros soit 230 euros par habitant) cette décision unilatérale est un véritable coup de poignard contre le service public et la démocratie locale. Elle est la touche finale d’un transfert de l’impôt national sur la richesse vers l’impôt local qui pèse sur les familles.

Cela aurait pour conséquences d’obliger les communes à compenser cette perte de recettes en alourdissant encore plus les impôts locaux et à abandonner au secteur marchand des pans entiers d’activités utiles aux habitants. Cela reviendrait à réduire les collectivités au rôle de simples guichets de l’Etat et de relais dociles des politiques nationales.

C’est la liberté des citoyens et de leurs élus de décider des actions et des projets pour leur ville qui est en cause.

Allons nous devoir renoncer aux engagements du contrat communal que nous avons passé avec vous ? Nous nous étions pourtant donné les moyens de les réaliser en travaillant durant des années à impulser un nouveau développement économique : arrivée du siège du Crédit Lyonnais, pépinière biotechnologique sur la ZAC des Barmonts…

Devons nous nous résigner à diminuer les services à la population, renoncer par exemple à accueillir 220 tout-petits chaque jour en crèche ou encore priver 1000 enfants de leurs centres de loisirs ?

Serons-nous contraints de fermer des équipements publics, alors que vous êtes 47 800 par an à venir en consultation dans les centres municipaux de santé, et chaque semaine 16000 à fréquenter les stades, gymnases et salles de sports, 2000 à bénéficier des services de la médiathèque ?

Partout en France, l’indignation, la colère des maires et élus de toutes sensibilités devant cette très grave atteinte aux libertés communales sont grandes. Comme à l’automne dernier, où nous avions réussi à faire renoncer l’Etat de nous priver de 1,2 millions d’euros de la Dotation de solidarité urbaine, il est possible, ensemble, de faire reculer le gouvernement et de gagner des moyens pour le service public.

Il y a urgence à se rassembler, à se faire entendre et à agir

Nous vous appelons à vous associer à toutes les formes d’actions qui se construisent avec d’autres élus au plan local et national. D’ores et déjà, nous mettons à votre disposition la pétition élaborée par tous les maires de gauche du département.


Nous vous proposons :

  • des journées portes – ouvertes dans tous les services municipaux du lundi 9 mars au mercredi 18 mars : présentation des activités, du nombre de personnes bénéficiaires, des services rendus et de leur coût…
  • une rencontre publique lundi 16 mars à 18H30 à l’espace congrès des Esselières.
  • de participer nombreux jeudi 19 mars à la journée nationale de grève et d’action interprofessionnelle pour les services publics, l’emploi, le pouvoir d’achat et à la manifestation à Paris l’après-midi.

Nous vous convions à la séance du Conseil municipal jeudi 26 mars au cours de laquelle sera adopté notre budget communal.

Au-delà, l’action devra se poursuivre pour gagner les moyens de répondre aux besoins de la population et notre autonomie pour le développement de notre ville.

Claudine Cordillot - Fayçal Arrouche - Rabah Bahloul - Jacqueline Baltagi - Patrick Bourgois - Guillaume Bulcourt - Brigitte Charbonneau - Sandra Da Silva Pereira - Leïla Djahlat-Bunoux - Jean-Pierre Domenc - Dominique Girard - Sonia Jedrzejewski - Laurentine Jenaste - Katia Keraudy - Gilles Lafon - Philippe Le Bris - Robert Le Priellec - Anne Leblanc - Daniel Lepeltier - Valérie Moncourtois - Christiane Payen-Thiry - Franck Périllat Bottonet - Josiane Rapon - Christine Revault d'Allones - Muriel Roger - Alain Rouy - Mostefa Sofi - Patrick Staat - Monique Stanciu - Sophie Taillé-Polian - Gérard Teriltzian - Emmanuel Thébault - Sylvie Thévenot.