Villejuif, le 25 février 2013

Monsieur Manuel VALLS

Ministre de l’Intérieur

Place Beauvau

75008 Paris

 

Monsieur le Ministre,

Vous avez souhaité me transmettre des éléments de réponse à ma demande* de renforts d’effectifs policiers et d’un commissariat de police de plein exercice dans ma commune, par l’intermédiaire de votre Chef de Cabinet, dans un courrier en date du 16 février faisant suite à l’annulation de notre rendez-vous prévu le 18 février, avec l’ensemble des maires de la circonscription de sécurité de proximité.

Soucieuse de la tranquillité publique dans ma commune et de la sécurité des Villejuifois, attentive aux mécontentements répétés et justifiés dont ils me font part dans ce domaine, je ne peux me satisfaire de cette fin de non-recevoir qui m’est adressée.

Je ne reviendrai pas dans le détail sur les efforts importants et quotidiens de la commune de Villejuif, qui permettent d’endiguer les incivilités et le sentiment d’insécurité, dans les domaines de la prévention, de l’éducation  et de l’animation Jeunesse; sur la mise en place d’un dispositif de médiation sociale afin d’apaiser les tensions et lutter contre les incivilités dans l’espace public ; ni sur le travail en partenariat dans le cadre de notre Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et dans celui de notre Groupement local de traitement de la délinquance.

Je vous fais en revanche part de mon désaccord avec certaines affirmations contenues dans votre courrier.

Dire que le commissariat subdivisionnaire de Villejuif accueille « en permanence » le public n’est pas conforme à la réalité vécue par les habitants. En effet, la surcharge de travail des agents en poste dans ce commissariat rend souvent impossible la réception des plaintes, et les habitants sont alors dirigés après de longues attentes sur le commissariat du Kremlin-Bicêtre où ils doivent à nouveau prendre patience.

En outre, réaffirmer comme vous le faites que « la couverture policière assurée sur la commune de Villejuif, telle que précédemment décrite, est de nature à garantir une réponse efficace et réactive à l’événement » montre une réelle méconnaissance de ce que vivent les habitants de ma ville, qui me font part quotidiennement de témoignages qui vont dans le sens contraire, et que je tiens à votre disposition (les appels passés au 17 reçoivent souvent pour réponse : « Nous n’avons pas d’équipage disponible »).

Vous estimez également que « la création d’un commissariat de plein exercice sur la commune de Villejuif ne peut être envisagée par redéploiement des moyens des services existants ».  Je dois reconnaître ici un point de convergence entre nous : ma demande ne vise pas à priver les autres villes de la circonscription de moyens déjà insuffisants pour ses 150 000 habitants, mais d’abonder (et ainsi renforcer la capacité d’intervention pour tous) pour la commune, qui compte 56 000 habitants, en moyens propres, nécessaires à assurer la sécurité et la tranquillité des habitants et des salariés sur son territoire, lequel est de surcroît en pleine mutation urbaine.

Je me permets de vous préciser que les moyens policiers sur la circonscription s’élevaient à 235 gradés et gardiens de la Paix au 1er mai 2009, pour environ 140 000 habitants, comme me l’indiquait la Ministre de l’Intérieur de l’époque dans un courrier en date du 28 mai 2009, contre seulement 222 aujourd’hui, comme vous me l’indiquez vous-même. Quant aux faits de délinquance sur Villejuif, leur augmentation est significative, passant de 3203 recensés en 1998 à 3532 en 2012.

Enfin, les éléments de réponse concernant les interventions de la B.A.C. sur ma commune ne répondent en aucun cas à ma demande de renforcement d’effectifs de policiers à Villejuif et à l’installation d’un commissariat de plein exercice, seuls capables de garantir un véritable service de police de proximité. Et les quelques chiffres rappelés le légitiment à eux seuls.

Aussi je réitère ma demande d’être reçue pour vous exprimer de vive voix la volonté portée par les habitants d’obtenir ces moyens supplémentaires, à tout le moins un renfort immédiat et conséquent en effectifs policiers, pour leur sécurité et leur tranquillité.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma haute considération.

 

 

                                                                      Claudine CORDILLOT

                                                                      Maire

 



* Courrier au Premier Ministre en date du 19 juin 2012 + courrier au Ministre de l’Intérieur en date du 26 octobre 2012