Rythmes scolaires, décentralisation, austérité…

L’École vaut mieux que ça !

 


Après une concertation en trompe l’œil, un passage en force ministériel

Le Conseil Supérieur de l’Éducation qui regroupe principalement des représentants des organisations syndicales enseignantes et des parents d’élèves a rejeté le décret sur les rythmes scolaires. Le Ministre passe donc en force et au lieu de prendre le temps de la concertation que demandent les personnels et nombre de collectivités, il essaye de forcer la main aux communes en leur faisant miroiter une aide financière pour celles qui choisiront d’appliquer en urgence la réforme en 2013. Les professeurs des écoles parisiens se sont mobilisés contre cette pseudo-réforme au mois de janvier. Le mouvement se généralise aujourd’hui.

Culture commune contre école à la carte

Cette réforme des rythmes scolaires détourne d’un travail sur les contenus, les pratiques et les conditions d’apprentissage, là où se fabrique l’échec scolaire. L’urgence politique est à la construction d’une école de la réussite pour tous : elle doit viser non pas à moins d’école mais à plus et mieux d’école, à l’accès de tous à une culture commune de haut niveau, sous peine d’aggraver encore les inégalités. Ni socle commun, ni externalisation ! Pour une école vraiment commune, les missions du scolaire et du périscolaire doivent être clairement définies, dans le respect du rôle de chacun.

Ni marchandisation, ni individualisation

En rejetant dans le temps périscolaire des activités et des apprentissages, l’école publique sera dépendante de la volonté et des moyens des collectivités locales. C’est la porte ouverte à une marchandisation de l’éducation et à une remise en cause du caractère national de l’école.

Égalité républicaine : non à l’acte III de la décentralisation !

La réforme Peillon est à la charge des communes, alors même que les moyens alloués aux écoles par les communes varient encore de un à dix ! L’acte III de la décentralisation, en préparation, remet en cause le principe de l’égalité républicaine. Sur fond de politique d’austérité, le gouvernement veut imposer une territorialisation de l’école qui aggrave les.    

 

A Villejuif…

Pour la rentrée prochaine, sont prévus par l’inspection d’académie :

- 3 fermetures de classes dans des quartiers sensibles : une pour Henri Wallon maternelle, une pour Irène Joliot Curie élémentaire et une pour Paul Langevin élémentaire, que ne compensent pas les trois propositions d’ouverture à Paul Vaillant Couturier et Maximilien Robespierre !

- Aucune création de RASED dans le Val-de-Marne !

- La transformation de l’une des deux classes d’initiation pour non francophones (CLIN) du territoire en CLIN itinérante alors que la municipalité demande l’ouverture d’une 3e !

- Un affichage politique sur la scolarisation des moins de 3ans qui ne permettra pourtant pas pour la rentrée 2013 de scolariser plus de touts petits sur le territoire !

La mobilisation a commencé

- 96% des enseignants de la ville étaient en grève le 12 février.

- Le maire, Mme Claudine Cordillot, a reçu les syndicats d’enseignants le 11 février et a fait part de ses nombreuses réserves sur ce projet.

- Elle a également adressé un courrier à l’inspecteur d’académie l’informant de son désaccord avec les dispositifs envisagés pour la rentrée 2014.

- Le 18 février, la sénatrice Brigitte Gonthier et Stéphane Bonnery, sociologue, ont animé une réunion organisé par le Front de gauche pour décrypter le projet de loi et élaborer ensemble une alternative.

- Les élus du groupe Communistes partenaires et citoyens ont voté au Conseil municipal du 24 janvier dernier le report à 2014 de l’application des rythmes dans la commune et affirmé leur opposition à cette réforme qui conduira à un éclatement de l’éducation nationale.

Ils restent mobilisés pour la suite et participeront aux initiatives qui iront dans le sens d’une école de la réussite pour tous, notamment:

  • réunion publique des enseignants le 28 mars, 19h à la MPT Gérard Philippe
  • manifestation le 6 avril à l’appel des syndicats enseignants

Pour défendre le service public et imaginer l’école de demain, quelques propositions que nous mettons en débat avec vous et dans les conseils d’école

- Repenser la progressivité des apprentissages, dans le cadre d’une scolarité obligatoire élargie (de3 à 18 ans), pour en finir avec la mise en échec des élèves ;

- Engager une réforme des programmes, dans une approche culturelle des apprentissages et sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre ;

- Améliorer les conditions de travail et les conditions d’apprentissage, par la baisse des effectifs et le renforcement des équipes pédagogiques ;

- Restaurer tous les postes supprimés sous Sarkozy, titulariser tous les précaires  et rétablir les RASED en augmentant les postes et les moyens ;

- Instaurer une formation initiale et continue des enseignants, ancrée dans les réalités du métier et ouverte à la recherche ; revaloriser la condition enseignante en mobilisant la profession autour d’objectifs ambitieux et en augmentant les salaires.