On connaît ses cibles : la petite enfance, l'éducation, la culture, le sport, la santé... Ces secteurs étaient déjà listés dans l'Accord général sur le commerce des services, contre lequel notre ville s'est mobilisée en se déclarant « zone hors AGCS » ; puis dans la directive Bolkestein ; puis dans la « Révision générale des politiques publiques » (RGPP). La droite a le mérite de la cohérence.

Les collectivités locales sont très présentes dans ces secteurs, malgré les désengagements de l'État. La droite veut qu'elles s'en retirent. Elle utilise pour ça deux moyens :

  • l'étranglement financier. La suppression de la taxe professionnelle, par exemple, prive les collectivités d'une ressource essentielle, la seule à provenir des entreprises. Elle fait passer la part des impôts payés par ces entreprises de 50 à 25%. Les 25% restants seront en grande partie compensés par des nouvelles charges sur les ménages !
  • L'autre moyen, c'est la loi elle-même, puisque la réforme territoriale leur enlèverait la clause de compétence générale, tandis que le Grand Paris les empêcherait de choisir l'avenir de leur aménagement.

Nous nous opposons à cette logique. Nous pensons que l'éducation, le logement, le sport, la culture, la santé, sont des besoins humains fondamentaux, qui doivent être confiés au service public. Les moyens existent : par exemple, taxer les actifs financiers à 0,5% dégagerait 25 milliards d'€ par an !

Le service public est le seul à pouvoir répondre aux besoins humains. C'est le seul qui garantisse l'égalité d'accès, la continuité territoriale, l'efficacité sociale. Confier ces secteurs au privé, c'est faire dominer une toute autre logique : celle de la rentabilité financière. Le privé s'occupera de ceux qui peuvent payer 800 € par mois pour une place en crèche, comme au Perreux. Exit les autres.

Nous défendons le service public parce qu'il est le plus efficace pour répondre aux besoins sociaux. Le marché, lui, n'est bon que lorsqu'il s'agit de maximiser les profits d'une minorité.

Nous défendons un service public avec des emplois publics. Anicet Le Pors, ancien ministre communiste et père du statut général de la fonction publique, déclarait récemment : « le statut est un atout majeur pour le progrès social, l'efficacité économique et la démocratie politique. Face à un « pragmatisme destructeur », il faut considérer que la conception française de la fonction publique est une création continue au service de la démocratie et de l’efficacité sociale et qu’il convient donc de l’adapter en permanence aux besoins de la population, à l’évolution des techniques et à l’ouverture sur le monde ». Nous partageons totalement cette conception.

Nous sommes les représentants élus des Villejuifois. Nous ne sommes ni des comptables, ni des gestionnaires de biens. Les choix que nous faisons sont politiques. Nous assumons nos responsabilités de gestion des politiques au plan local, avec l'objectif de répondre aux besoins des populations, sur la base du contrat que nous avons passé avec eux.

Nous, élus communistes, partenaires et citoyens, développons une conception de la gestion qui intègre pleinement la dimension des luttes, la nécessité d'expliquer les enjeux politiques, de pointer les responsabilités. L'adoption d'un double budget en est la traduction. Un budget en deux volets.

Le premier volet n'est construit que sur la base des besoins des Villejuifois. Il n'est pas le budget rêvé, la promesse de lendemains qui chantent ou une projection délirante sans chiffrage. Il est tout simplement ce que nous pourrions faire si le gouvernement de Nicolas Sarkozy ne nous avait pas volé l'argent auquel nous avons droit.

Nous porterons ce premier volet devant la population, avec les salariés. Il s'agit de projets construits depuis longtemps avec les services, voulus, réclamés même, par les Villejuifois. Nous opposerons ces projets au gouvernement, et nous serons d'autant plus forts que nous les aurons partagés avec la population. Nous espérons trouver à nos côtés, dans cette démarche, tous les élus de la majorité.

Le second volet est un budget d'équilibre. Nous le voterons, parce que c'est notre responsabilité, et que c'est dans l'intérêt des Villejuifois. Même si nous avions souhaité que ce budget soit élaboré à partir du travail de réflexion des services, avec une participation de tous les agents, cela n'a pas été suffisamment le cas cette année. Nous allons continuer à porter la nécessité d'un dialogue permanent avec tous les agents : c'est incontournable dans la perspective des évolutions à venir.

Nous avons construit ce budget avec deux principes :

  1. respecter le contrat communal qui nous lie avec les Villejuifois. Nous continuons à porter nos projets, jusqu'au bout, dans la lutte et dans la gestion, dans le respect de nos convictions.
  2. présenter un budget qui soit équilibré et qui permette de maintenir cet équilibre durant toute la mandature et au-delà, pour ne pas être contraint d'abandonner nos projets et nos principes.

Madame le Maire ne l'a jamais caché : cela nécessite, parfois, des décisions difficiles. Nous sommes parfois contraints de modifier, voire de réduire, certains services. Nous ne devons pas exclure une hausse limitée, et surtout maîtrisée, de la fiscalité, strictement dans l'objectif de permettre la réalisation de projets indispensables aux Villejuifois.

Présenter un budget en équilibre est un choix de responsabilité. Faire un tel choix, c'est refuser que, demain, face aux coups renouvelés d'un gouvernement irresponsable, nous soyons contraints à supprimer purement et simplement des services, à licencier, ou à augmenter brutalement la fiscalité.

Depuis les élections, nous avons tenu les six premiers engagements du contrat municipal. Nous allons continuer. Les élus communistes, partenaires et citoyens réaffirmeront, au sein de la majorité, que ce contrat n'est pas optionnel. Chaque proposition doit être étudiée, discutée avec la population, puis réalisée. Nous devons mener ensemble les luttes pour en obtenir les moyens.

Nous porterons haut les trois axes de notre contrat communal : un développement diversifié et durable pour une ville attractive et à taille humaine ; une mairie au service de la réussite de tous les habitants ; et une ville construite par toutes et tous les citoyens. Je les résume en un principe : un service public local d'excellence, au service des usagers, construit avec eux au quotidien.

Je parlais des projets construits avec les Villejuifois. Je ne peux pas résister à en citer quelques uns, qui sont pour nous une grande source de fierté. Il y a ceux pour lesquels nous pouvons dire : voilà, pari tenu. Je pense bien sûr au stade nautique Youri-Gagarine, que les Villejuifois ont accueilli avec un enthousiasme rafraîchissant. Mais ce n'est pas fini !

Nous avons de l'ambition pour les quartiers sud. La restructuration du pôle Aragon a commencé, pour accueillir en 2013 le tramway, et, plus tard, Orbival, puisque la mobilisation des Val-de-Marnais, de leurs élus, et notamment du Conseil général, a permis de faire un pas vers sa réalisation.

La rénovation de l'ensemble Karl-Marx continuera d'embellir le quartier, d'améliorer la vie des usagers. Les travaux du marché Delaune commenceront cet été ; le projet final devra beaucoup à l'apport de la démarche de démocratie participative innovante qui a été conduite.

Dès novembre, nous avons posé la première pierre de « Cancer Campus », avec la pépinière biotechnologies des Barmonts. Nous achèverons également le pôle tertiaire au Nord, enrichi par la démarche participative que j'ai conduite avec les habitants de Pasteur et des Guipons.

Nous réaliserons également des équipements comme la crèche de 40 berceaux aux Guipons, l'extension de l'école Pasteur. Nous aiderons à la construction de logements sociaux, y compris dans le centre-ville. C'est indispensable aux Villejuifois, nécessaire pour préparer l'avenir : nous devons nous en donner les moyens.

2010, c'est surtout le lancement du Plan local d'urbanisme, dès ce trimestre. Ce sera, à Villejuif, un grand moment citoyen, l'occasion de décider ensemble de l'avenir de notre ville. Contrairement à d'autres collectivités, nous n'en ferons pas un simple travail administratif : nous multiplierons les rencontres de quartiers, les balades urbaines, les dialogues, les engagements.


Et puis, il y a le service public local, au quotidien. Nous en sommes fiers, à Villejuif, « ville de défense et de promotion du service public ». Nous avons un haut niveau de service public, parce que nous l'avons choisi, et c'est notre trésor, le « capital de ceux qui n'en ont pas ».

Les Villejuifois fournissent pour cela un effort fiscal important, y compris les catégories populaires. Cela donne aux élus, depuis toujours, une responsabilité : le faire évoluer sans cesse, pour répondre toujours mieux aux besoins humains. Je dis « depuis toujours », et je voudrais en profiter pour vous livrer une citation de Paul Vaillant-Couturier, illustre maire de Villejuif, qui écrivait, en 1935 :

« De faibles ressources, mais une gestion municipale intègre, inattaquable, utilisant pour l’intérêt des classes laborieuses chaque centime, avec le souci constant d’obtenir le meilleur rendement. Des réalisations qu’il faut enlever de haute lutte, malgré la mauvaise volonté du pouvoir central et en dépit, parfois, de la répression ».

Notre orientation n'a pas changé.

Je ne reprendrai pas les axes du document. Je voudrais cependant insister sur quelques principes qui les traverse.

Une intervention municipale mieux territorialisée, pour prendre en compte la réalité des quartiers et des habitants. Cela nécessite de travailler à une connaissance plus précise, mieux informée, de l'évolution de chaque quartier, des problèmes qui y sont ressentis par les Villejuifois. Cela passe aussi par un dialogue direct avec les Villejuifois, les agents, et d'autres acteurs comme les bailleurs.

Notre but est de rendre l'action publique plus cohérente et plus lisible pour les habitants. En ce sens, la création de « pôles de centralité » est une nécessité, et elle doit se faire avec tous les acteurs locaux : structures municipales, écoles, équipements du Conseil général, associations, petits commerçants... Il ne s'agit pas de créer de nouvelles « structures de quartier ».

Une intervention municipale mieux coordonnée, pour apporter des réponses globales aux problèmes des Villejuifois. Adjointe en charge de la tranquillité, je suis confrontée, dans certains quartiers, à un fort sentiment d'insécurité. Il s'agit d'un problème global : il mêle une délinquance réelle, des difficultés sociales, notamment le chômage, un sentiment de relégation sociale, accentué par la dégradation des bâtiments ou des espaces extérieurs, mais aussi des questions d'aménagement, de circulations, et une intervention municipale pas toujours adaptée.

Chacun a bien conscience qu'une réponse morcelée serait inefficace. Il faut donc se donner les moyens d'une réponse globale, coordonnée entre les services et avec tous les acteurs. C'est ce qu'on appelle la transversalité.

Une intervention publique mieux coordonnée, aussi, entre tous les acteurs locaux. Je pense principalement aux acteurs publics, comme la ville, la Communauté d'agglomération, le Conseil général, mais aussi aux associations, aux bailleurs, par exemple. Il faut approfondir les liens entre tous ceux qui agissent sur le territoire, les faire dialoguer, parler ensemble des problèmes et des solutions. L'intervention publique ne peut être isolée.

Enfin, une intervention municipale plus lisible et visible. C'est avant tout une question d'égalité d'accès : le manque d'information, ou de maîtrise des codes culturels, sont des freins à l'égal accès au service public, et notamment pour les catégories populaires. Il faut y remédier.

Cela passe par une communication plus efficace et mieux ciblée auprès des Villejuifois, par un effort de mise en valeur du service public, par des mutualisations, par la formation et l'information des agents. C'est un effort que nous mènerons sur la base des discussions avec les agents et les Villejuifois, et non par des décisions venues d'en haut. C'est d'ailleurs un engagement des Assises de la ville et des Assises du personnel.

Nous devons pour cela développer un outil essentiel, qui est celui de l'évaluation des politiques publiques. Une évaluation en regard des besoins humains auxquels le service public doit répondre, et non sur de simples critères financiers.

Je veux terminer avec une insistance très particulière sur notre fil rouge : la démocratie. Pour vous prouver que ce n'est pas un beau discours creux, je me contenterai de prendre, au nom des élus communistes, partenaires et citoyens, deux engagements avec les Villejuifois et les agents.


Premier engagement : pour tous les grands projets, pour toutes les transformations majeures des services à la population, une concertation sera engagée avec les acteurs concernés : usagers et agents. Nous irons dans tous les quartiers pour entendre, discuter, proposer.

C'était déjà notre démarche avec les comités d'usagers, les Assises de la ville et du personnel, les concertations sur le marché Delaune, à Pasteur-Guipons, ou encore avec le Comité d'action et de réflexion pour une école de la réussite.

Je souhaite à cette occasion revenir sur la question des accueils de loisir, sur laquelle on a entendu, et lu, dans les tribunes de VNV par exemple, beaucoup de choses fausses. Madame le Maire a, suite à la réunion publique du 11 mars, envoyé un courrier ces derniers jours aux parents d'élèves, aux animateurs et aux enseignants. Elle y rappelle notamment que, contrairement à ce qu'on a entendu, ici et là, la suppression des centres de loisir le mercredi ou pendant les vacances n'a jamais été envisagée.

Elle y annonce, surtout, qu'une démarche de concertation avec la communauté éducative, les parents et les animateurs sur la journée de l'enfant et les rythmes scolaires sera menée, dans la suite logique du Comité d'action et de réflexion pour une école de la réussite. C'est n'est qu'après cette concertation que les élus prendront leur décision


Deuxième engagement : l'amélioration du service public ne se fera pas sans les agents. Un des axes d'amélioration est d'ailleurs la mise en valeur leur connaissance du terrain, de leur expérience.

L'évolution du service public local nécessite une démarche de concertation d'une ampleur extraordinaire, avec tous les agents, et pas seulement les cadres. Avec la territorialisation de notre action, les agents de terrain devront être une des clés de voûte de l'élaboration des politiques municipales.


La démocratie, c'est la co-construction avec les Villejuifois. C'est la condition de projets utiles aux populations. C'est aussi la condition pour bâtir des rassemblements qui permettront d'en obtenir les moyens.

Les élus communistes, partenaires et citoyens ne se résoudront jamais à gérer la pénurie ; nous pensons que l'urgence est à construire des projets ambitieux et à mener la bataille pour obtenir les moyens de leur réalisation.

Au-delà du budget, nous devons nous mettre au travail pour construire des initiatives de lutte. La pétition « Ma ville, ses projets, ses services publics », lancée par Madame le Maire, devra être portée au gouvernement par les Villejuifois, leurs élus et les agents : nous proposons que cela soit l'occasion d'un grand rassemblement qui mette en avant le double budget que nous construisons. Sans doute faut-il envisager d'autres initiatives, pour faire connaître nos projets et nos propositions. C'est une bataille de longue haleine que nous devons mener.

Nous espérons comme toujours trouver à nos côtés, comme partenaires exigeants, les agents, les Villejuifois et les autres élus de la majorité.

Je vous remercie.