Une fois encore, le vote de notre budget municipal s’inscrit dans un contexte de crise et d’accroissement des difficultés sociales pour nos concitoyens. Comme l’a rappelé mon collègue Fayçal Arrouche lors du débat d’orientation budgétaire, depuis 2008, le nombre de personnes privées d’emploi a doublé à Villejuif. Ils seraient aujourd’hui plus de 3500, dont 33% sans indemnisation. De même pour les demandeurs de logement : plus  de 3000 à ce jour.

Plus que jamais, le service public, qu’il soit national ou territorial doit jouer son rôle de bouclier social.

Cependant, l’aggravation de la situation économique de beaucoup de famille mais également l’augmentation de la population de notre ville en volume et son rajeunissement, s’opèrent parallèlement à un processus politique contradictoire de baisse des dotations d’État et de hausse des dépenses obligatoires pour les collectivités locales. En effet, le gouvernement a récemment annoncé qu’il doublait la réduction des dotations des collectivités -  soit moins 3 milliard d’ici 2015 – alors même que celles-ci sont à l’origine de 75% des investissements publics. Plus de 60 milliards d’économies devraient être réalisées sur les dépenses publiques d’ici 2017 et le budget de fonctionnement des ministères devrait être réduit de 7% en 2013 par rapport à 2012.

Après l’austérité affichée de la droite, le gouvernement qui revendique « une simple gestion rigoureuse des fonds » s’obstine à appliquer des mesures qui ont mené d’autres pays d’Europe à la faillite. Les dogmes du traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) continue ainsi de faire des ravages dans notre pays et dans nos comptes publics.

Mais si nos moyens sont limités par la baisse des concours d’État, les besoins des habitants ne le sont pas. Au contraire. Nous avons donc fait d’autres choix en cohérence avec nos valeurs: ceux de l’investissement et du développement des services publics. Et ils ont portés leurs fruits.

Nos politiques économiques et d’aménagement se sont soldées par une augmentation d’environ 5 millions d’euros de recettes fiscales entre 2008 et 2012, dont 1.4 millions exclusivement issu de nos initiatives de développement territorial. Cette année, l’établissement de LCL sur notre territoire devrait rapporter entre 3 et 4 millions d’euros à la ville. C’est une très bonne nouvelle dont nous attendons encore la notification officielle et la communication du montant exact.

C’est grâce à ce double effort, de gestion économe et innovante et de développement territorial, que nous avons réussi à maintenir les taux d’impôts locaux depuis 3 ans. Notre gestion dynamique a donc permis, non seulement de maintenir un haut niveau de service public mais également d’accompagner le développement démographique de Villejuif.

Pour cette année nous avons identifiés quatre pôles de priorité.

En premier lieu l’éducation, car c’est tout simplement l’avenir de notre ville :

L’ouverture de la crèche des Guipons portera à 285 le nombre de berceaux dans nos structures municipales. Afin de répondre aux besoins conséquents à l’augmentation démographique de notre ville, une nouvelle école verra le jour pour la rentrée 2016 et d’autres seront rénovées ou agrandies d’ici deux ans. Mais 2013 sera avant tout l’année de la généralisation à toutes nos écoles de la pause méridienne de 2h, d’abord expérimentée en 2012 sur les groupes scolaires Paul Langevin, Maximilien Robespierre et Louis Pasteur. Une pause méridienne en deux temps : un temps de repas et un temps d’animation. Ce dispositif permet entre autres d’accueillir tous les enfants à la restauration scolaire sans critère d'accès2013 sera également l’année de la pause méridienne et sa généralisationaprès le bilan prometteur de l’expérimentation dans les groupes scolaires Robespierre et Langevin. Les structures d’accueil et l’équipement sportifs vont également bénéficier de fonds destinés à leur rénovation, que nous n’avons que trop repoussé jusqu’à aujourd’hui.

Cependant, une grande inquiétude demeure quant à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires que nous avons souhaité repousser à 2014. C’est un budget lourd qui pèsera sur les communes, sans parler du bouleversement qu’il induira sur l’organisation de la vie culturelle et sportive de la commune. Le coût moyen par enfant serait de 150 euros, soit 900 millions d’euros pour l’ensemble des communes, a annoncé le président de la commission des finances de l'AMF, M. Philippe Laurent. Un désengagement de plus de l’État qui nous fait craindre à terme un véritable éclatement de l’éducation nationale avec les risques d’inégalités territoriales que l’on soupçonne. Mais nous aurons l’occasion de nous exprimer plus avant sur ce sujet quand la loi sur la refondation de l’école sera soumise au parlement.

En second lieu, l’espace public, en ce sens qu’il est  le terrain sur lequel le lien social s’appréhende dans ses forces et ses fragilités, est également une de nos grandes préoccupations, dans la continuité de ce que nous avons fait l’année dernière: C’est pourquoi nous avons mis l’accent tout d’abord sur les moyens d’améliorer la propreté, qui est une demande forte demande des villejuifois - avec le recrutement d’agents ou le lancement du plan propreté - et sur la gestion urbaine de proximité.

Avec les partenaires associatifs, institutionnels et les habitants, nous poursuivons actuellement une réflexion, qui n’apparaît pas dans ce budget, autour de la médiation sociale. Il ne s’agit évidemment pas de s’attaquer aux problèmes de délinquance, qui relèvent de la police et de la justice, mais de lutter contre les incivilités, de prévenir les conflits, de retisser du lien social, de remettre de l’humain dans les relations de voisinage, tout cela en cohérence avec nos choix politiques : prévention et éducation ! Nous aurons également l’occasion de revenir sur ce projet.

De la même manière, la politique de la ville, son aménagement, son développement économique créateur d’emploi ont été cette année encore définis à l’aune des besoins des villejuifois et des possibilités d’investissements d’avenirs que la situation de Villejuif peut offrir. 75 % de nos concitoyens sont éligibles au logement social, c’est donc dans cette direction que nous continuerons de concentrer nos efforts. Pour exemple, la ZAC Aragon comme l’expliquait mon collègue Philippe Le Bris, s’équilibre entre le logement, le transport, le commerce et l’activité économique. Il en est de même avec les projets Campus grand Parc et Pasteur 3.

D’autres chantiers comme la réfection du quartier Lebon ou le parc du 8 mai, co-élaborés avec les habitants, devraient trouver prochainement leur concrétisation, dès que la commission idoine à la région aura statué.Enfin, et je tiens à rappeler, le 26 février aura lieu la première réunion de concertation sur les projets de rénovation des quartiers Sud comprenant en particulier la rénovation du bâti, la revalorisation des espaces extérieurs, la création d’espaces d’activités et de commerces et enfin des aménagements pour de meilleures circulations.

Néanmoins ces derniers projets ne pourront se déployer que si les moyens de transports collectifs prévus par le réseau Grand Paris Express voient le jour dans les délais initialement prévus. C’est pourquoi les élus de la municipalité mais également de 14 villes du département toutes tendances confondues, le Président du Conseil Général du Val de Marne, les parlementaires, l’association Orbival et des acteurs économiques, sociaux se sont mobilisés et ont adressé une lettre au premier ministre après s’être réunis le 1 février aux Esselières. Plus de 8000 personnes dans le département ont déjà signé la pétition initiée par l’association Orbival, et plusieurs dizaines de milliers dans les autres départements concernés. Nous invitons d’ailleurs à la poursuite de ces signatures sur le site de la ville avant de les remettre au 1er ministre la semaine prochaine. (signez ici)

Enfin, nous avons été particulièrement attentifs à nos politiques d’action sociale :

La subvention du Centre Communal d’Action Sociale a été augmentée. Il s’est notamment engagé sur une campagne de lutte contre la précarité énergétique plus que nécessaire dans une période où l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité grève littéralement le portefeuille des foyers modestes. Notre soutien aux centres de santé de ne se dément pas et nous pouvons être fier du travail de prévention et des soins qui y sont dispensés dans une vision globale de la médecine de premier recours. Nous pouvons également nous féliciter de la décision de réactiver le travail partenarial autour de la rédaction d’une charte ville-handicap et du développement de l’accompagnement des personnes âgées dépendantes par l’accroissement du niveau de recrutement des aides à domiciles permettant d’élever la qualité du service ainsi que de l’amélioration du service de portage des repas.

Toutes ces missions accomplies au quotidien et tout au long de l’année reposent sur l’engagement, le sens du service public et la compétence de nos agents. Ceux-ci ont participé à la rédaction du budget. Qu’il me soit permis ici de les en remercier et de saluer leur travail. C’est une grande richesse humaine, une base solide à partir de laquelle nos politiques peuvent se déployer.

Nous avons fait le choix de renforcer le nombre d’agents dans les secteurs prioritaires et de renforcer l’encadrement.

Afin de maintenir et d’améliorer encore ce bon niveau de service public nous avons opté ces dernières années pour une politique RH basée sur la formation, les qualifications et l’accompagnement des carrières.

Les difficultés auxquelles sont confrontés les fonctionnaires territoriaux doivent absolument être prises en considération au risque de générer de véritables souffrances au travail qui viennent s’ajouter aux difficultés économiques relatives au gel de l’indice. L’observatoire de l’absentéisme et des risques psycho-sociaux, actuellement en phase test, nous permettra je l’espère de faire avancer notre politique sociale salariale dans le bons sens.Par ailleurs, nous avons également décidé d’abonder un fond à hauteur de 100 000 euros pour participer à la couverture maladie complémentaire des agents, à laquelle beaucoup ont renoncé faute de moyens. Enfin, le recrutement de 10 équivalents temps plein sous le statut des emplois d’avenir viendra renforcer nos services et permettra à ces jeunes de faire valoir par la suite d’une expérience professionnelle significative et d’un bon niveau de qualification.

Il y aura également des recrutements nets autres que des emplois d’avenir, notamment dans le secteur entretien ménager des bâtiments, où les personnels sont nombreux à connaître des difficultés.

Notre politique volontariste de développement de la ville et d’accompagnement des populations au travers de services publics efficaces est une réussite. Mais les craintes pour l’avenir sont nombreuses quant aux décisions du gouvernement relatives aux  finances locales, à l’acte III de la décentralisation alors que nous avons totalement épuisé nos marges de manœuvre en termes de réduction des budgets de fonctionnement. Nos investissements locaux, créateurs d’emplois et de croissance, sont tributaires du concours d’État et du financement par les banques. Si le premier se désengage, les secondes sont empêtrées dans les conséquences de la crise financière et la charge des intérêts de dettes contractées par les collectivités s’alourdie. Il est donc urgent que le gouvernement revoit au fond ses orientations budgétaires au risque d’étouffer littéralement les collectivités et de l’économie de notre pays comme cela est déjà le cas chez certains de nos voisins européens.

L’exemple de Villejuif, à son échelle, nous prouve que d’autres choix sont possibles, raisonnables, nécessaires. Pour accompagner les initiatives des collectivités, l’État doit entreprendre une grande réforme fiscale autour d’une banque publique d’investissement.

C’est pourquoi, nous souhaitons un véritable pacte de solidarité entre l’État et les collectivités, qui soit en rupture avec la vision du précédent gouvernement. Une réforme ambitieuse, répondant aux défis humains et démocratiques d’aujourd’hui, avec un renouveau du regard nécessaire sur l’intervention publique et ce qui en découle. Un renouveau des services publics, tant nationaux que locaux, avec leur champ d’intervention élargi, devenus de véritables boucliers anti-crise, des vecteurs de solidarité entre les hommes et les territoires, porteurs d’un développement économique et écologique, mais aussi socialement et humainement durable. Un partage véritable des richesses accompagné d’une réforme de la fiscalité. Facile ? Non, mais comme l’avait dit quelqu’un, voici plus d’un an, je cite : « ce que nous proposons, c’est le redressement dans la justice sociale. Dans cette bataille qu’il faut engager, notre véritable adversaire, c’est la finance. Car sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société, et même de nos vies. Il faut aujourd’hui l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse et sans irréalisme, en pensant que cela sera un combat long, une dure épreuve, et que nous devrons montrer nos armes ».

Ces mots ont été prononcés par un « candidat » lors du meeting du Bourget, en janvier dernier, et je les partage totalement. Je le dis sans malice oui : « Monsieur le Président, vous pouvez compter sur la détermination des  élus de notre groupe et je l’espère de toutes les forces de gauche et écologistes, pour engager ce combat, celui que vous avez, que nous avons effectivement à mener tous ensemble aujourd’hui ».