RAPPORT AU CONSEIL MUNICIPAL DU

AU CONSEIL MUNICIPAL DU 20 OCTOBRE 2011


Objet : Inscription dans l'espace public d'un lieu du souvenir à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 et demande à l'Etat d'une reconnaissance de cette tragédie.


Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur est imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris.

Ils défendent leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il s'en suit une répression féroce : Onze mille arrestations, des dizaines d'assassinats, dont de nombreux manifestants jetés à la Seine.

La presse et la préfecture de police parlent alors de « tirs échangés » entre la police et les manifestants. Malgré les efforts de quelques parlementaires, le gouvernement empêche la création d'une commission d'enquête. Aucune des plaintes déposées n'aboutira.

Depuis, le décompte officiel est resté fixé à deux morts. De nombreuses archives administratives qui auraient été essentielles au dénombrement des victimes ont aujourd'hui disparu, celles existantes sont restreintes d’accès. Malgré tout, les recherches les plus sérieuses conduisent à affirmer qu’il y a eu au moins 200 morts lors des journées des 17 et 18 octobre.

Ces crimes n'ont fait l'objet d'aucune reconnaissance officielle. La réticence de l'Etat et de la société civile à reconnaître les crimes du 17 octobre 1961 témoigne de ce que l'histoire de la colonisation reste à faire. Car cette histoire n'est pas du ressort des seuls historiens : il appartient à la société toute entière de la mener.

C’est pourquoi la Municipalité de Villejuif a pris ses responsabilités.

Depuis de nombreuses années, nous organisons des événements contre l’oubli. Désormais, nous souhaitons aller plus loin en dénommant un espace public à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961.

De plus, le mensonge ne peut perdurer concernant ce massacre qui est peu à peu rayé de l’Histoire. L’Etat doit reconnaitre officiellement ce crime mais aussi permettre d’inscrire ces événements dans la mémoire collective, en ouvrant les archives et en faisant figurer dans les manuels scolaires ce fait marquant de notre histoire contemporaine.

RAPPORT AU CONSEIL MUNICIPAL DU

LE CONSEIL MUNICIPAL,

Vu le code général des collectivités territoriales,

Considérant l'événement tragique de la répression du 17 octobre 1961, à inscrire dans l'histoire contemporaine de notre pays,

Considérant la demande de nombreux acteurs du mouvement associatif local et des citoyens de notre ville d'une reconnaissance des victimes,

Considérant notre responsabilité à inscrire dans la mémoire collective de notre pays l’histoire de ces événements et de le transmettre aux jeunes générations

DELIBERE :

Article 1 : La ville s’engage à inscrire dans l’espace public un lieu du souvenir à la mémoire de ceux qui furent assassinés lors des événements du 17 octobre 1961, et ce dans les 12 mois

Article 2 : La ville demande à l’Etat de reconnaître officiellement les crimes du
17 octobre 1961, d’ouvrir toutes les archives sur cet événement, et d’inscrire dans les manuels scolaires et dans les enseignements cette page de l’Histoire contemporaine