Loin d'améliorer leur « compétitivité », cette réforme est mauvaise pour les entreprises comme pour les ménages. Les ressources que la taxe professionnelle génère sont des moteurs de développement du territoire : elles financent les infrastructures (transports, équipements...) utiles aux entreprises et à leurs salariés. La taxe professionnelle est utile, puisqu'elle assure un lien direct entre entreprises et collectivités et incite les collectivités à agir pour le développement économique. Elle alimente le budget des collectivités qui mettent en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l'éducation, le sport, la culture, la petite enfance, les politiques de solidarité.

Au delà, cette mesure s'inscrit dans un schéma plus global de réformes des collectivités qui opère une véritable recentralisation. L'asphyxie financière s'ajoute ainsi à la suppression de la clause de compétence générale pour les départements et les régions, qui marquerait la fin des politiques ambitieuses et innovantes qu'elles menaient jusqu'ici.

Une réforme des finances locales et de la taxe professionnelle est nécessaire. Ainsi, la taxe professionnelle pourrait prendre en compte le capital financier, incitant les entreprises à investir pour l'emploi et la recherche plutôt que de spéculer sur les marchés financiers. La mise en place d'une péréquation nationale permettrait à cette taxe modernisée d'assurer plus de solidarité entre territoires.

Le Conseil municipal de Villejuif demande :

  • le retrait du projet de réforme de la taxe professionnelle, dénoncé unanimement par les associations d'élus locaux, l'ensemble des élus de gauche et par des élus de droite.
  • la tenue d'un grand débat sur la modernisation des finances locales, qui passerait notamment par la taxation des actifs financiers, une véritable péréquation nationale qui corrige les inégalités territoriales, très fortes dans notre pays, et le maintien d'un lien direct entre développement économique et collectivités territoriales.