1)                 Un budget de résistance d’abord contre la tentative machiavélique de la droite au pouvoir, de restreindre drastiquement l’autonomie financière et fiscale des collectivités, en imposant une réforme fiscale qui lie toute possibilité d’accroître la pression fiscale sur les grandes entreprises à l’accroissement de la fiscalité sur les ménages, alors même qu’il existe déjà un déséquilibre patent dans la répartition de la charge de l’impôt entre les familles et ces mêmes grandes entreprises…Et D’ailleurs, la tva antisociale de Sarkozy n’est pas autre chose que la continuité du cadeau de 8 Milliards d’euros à la faveur de la suppression de la tp, déjà consenti au grands groupes du CAC 40.

C’est toujours la même rengaine : au nom soit disant de la compétitivité, on reporte sur deux impôts injustes (fiscalité locale et TVA) exclusivement portés par les ménages, le refus des grandes entreprises de contribuer à l’entretien des services publics et des investissements publics, dont elles bénéficient au passage !!

2)                 Alors oui, refuser de jouer le jeu du report sur la fiscalité des ménages en n’augmentant pas la pression fiscale locale depuis maintenant deux ans, ça a du sens !! Surtout quand on voit comment en resserrant l’étau financier des collectivités, la droite nous accule à le faire. Nous nous résistons à cette injonction qui n’est autre qu’un mépris de la démocratie locale, un mépris du contribuable local, et nous avons donc décidé, dans un contexte de réduction sans précédent de nos recettes non fiscales, de ne pas accroître les taux d’une fiscalité sur les ménages, déjà si lourde et si injuste !  C’est en soi un acte de résistance et de combat ! 

3)                 Un budget de résistance ensuite ; contre la stratégie toute autant machiavélique (et c’est faire insulte à Machiavel que de dire cela !) qui consiste à l’instar de ce qui s’est passé en GB à l’époque de Thatcher, ou encore de ce qui s’est fait aux EU sous l’administration Reagan, à réduire massivement les ressources nécessaire pour faire fonctionner de façon efficace les administrations publiques, toutes les administrations publique d’Etat. L’objectif est ici très clair : les appauvrir pour réduire l’efficacité de leurs actions et ainsi faciliter leur marchandisation, en jetant au passage les fonctionnaires, serviteur de l’Etat, à la vindicte populaire.

La stratégie de division, d’opposition systématique des catégories de population entre elles a permis, dans un contexte de démantèlement organisé (presque scientifiquement organisé en détournant la LOLF de sa fonction originelle  pour la mettre au service d’une RGPP dont les résultats financiers sont plus que décevants : on se dit tout ça pour çà !) de réduire la qualité du service public de l’éducation, de la Santé, de la Protection Sociale…Alors, on nous dira que tout ça c’est de la politique nationale et que ça n’a aucun effet sur les villejuifois ! C’est faux j’en veux pour preuve les mobilisations récentes des parents d’élèves et professeurs des écoles pour se battre contre les suppressions injustifiées de postes (notamment en direction des élèves en difficulté) et contre les suppression de classes dans notre ville (alors qu’il ne fait aucun doute que notre population augmente et continuera d’augmenter)…Un non sens politique, en plus d’insulter l’avenir ! Et tout cela au nom de quoi ? Au nom de la sacro-sainte rigueur, tout cela au nom de la réduction des déficits que le gouvernement a lui-même généré en rabotant les recettes de l’Etat, à cause des cadeaux fiscaux accordés aux plus fortunés !  !  Car la crise n’explique pas tout.

4)                 Ce qui vaut pour les grands services publics d’Etat à savoir la marchandisation et bien maintenant, on nous exhorte de l’appliquer aux collectivités territoriales !

5)                 Nous, nous faisons la preuve, avec les décisions budgétaires qui ont été prises durant la phase d’arbitrage, qu’il est possible de faire autrement que de dilapider ce qui fait le socle de notre pacte républicain.

Nous prouvons que l’on peut par une politique de réorganisation minutieuse, par une stratégie de réaffectation des ressources pertinente effectuée sur la base d’une évaluation raisonnée, continuer de garantir un service public local qui couvre tant bien que mal l’ensemble des besoins qui se sont d’ailleurs exprimés avec force lors des rencontres du maire…Car les besoins en cette période de crise sont énormes !

6)                  C’est Un budget de lutte et résistance enfin ; parce que dans le contexte actuel, il réaffirme à la fois l’exigence d’une gestion rigoureuse des deniers publics (et qui s’est matérialisée par une amélioration de nos performances financières en matière d’épargne de gestion, de maîtrise des dépenses et aussi de capacité d’autofinancement depuis 2008 et c’est incontestable) mais aussi tout le sens qu’il y a pour nous, élus résolument ancrés à gauche, de ne pas céder aux sirènes d’une RGPP que l’on voudrait injustement nous imposer ! !

C’est avec les « mâchoires serré par l’étau financier qui nous étouffe » que nous avons construit le budget qui est soumis à votre approbation aujourd’hui.

Grâce à l’implication de chacun ; élus de secteur, salariés, direction générale, nous pouvons, ici devant vous ce soir, desserré cette même mâchoire pour dire haut et fort notre colère de voir nos recettes amputées d’un millions d’euros…mais pour dire, à la veille d’une échéance électorale cruciale pour notre pays, tout notre espoir qu’une autre politique à l’égard des collectivités est possible. Une autre politique est possible et elle est nécessaire même !

Tant au plan européen ; en matières de choix budgétaire et monétaire, qu’au plan national ; en matière fiscale et de consolidation budgétaire : pour que l’alternance tant attendu soit enfin une réelle alternative, porteuse de progrès social d’égalité et de justice sociale !

Mais, il reviendra à nos concitoyens de trancher le moment venu. En attendant, il nous revient la responsabilité d’œuvrer, à notre modeste niveau, par nos choix, à ce que nos administrés aient le niveau et la qualité de service public dont ils ont tant besoin actuellement. Il nous revient aussi, par ces mêmes choix, de préparer l’avenir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour créer les conditions de ce progrès partagé, sans lequel toute stabilité budgétaire et comptable ne serait qu’illusoire. 

 

C’est cela, selon nous l’enjeu majeur et le sens profond du BP 2012 : créer les conditions d’une ville plus solidaire, d’une ville qui doit rester demain une ville populaire,  d’une ville réellement pour tous.