En appliquant les règles de 2007, nous aurions du percevoir 2,9 millions d'euros de plus cette année avec lesquels nous aurions pu faire davantage d'investissements utiles pour Villejuif et les Villejuifois et envisager l'avenir avec plus de sérénité.

Ces ressources qui nous manquent nous placent de fait dans une situation contrainte et les choix que nous ferons pour construire le budget seront nécessairement marqués par cette contrainte. Nous ne perdons cependant pas de vue nos priorités.

Notre première priorité, c'est d'épargner autant que possible les Villejuifois des effets de cette rigueur qui nous est imposée. Nous ne voulons pas augmenter les impôts communaux car toute augmentation des taux d'imposition sera supporté uniquement par les ménages du fait de la suppression de la taxe professionnelle. Il serait injuste, alors que la crise les frappe déjà, que les familles villejuifoises payent davantage pour compenser ce que l'Etat aurait du verser à la Ville.

Notre seconde priorité, c'est le service public car il est le seul rempart à la crise. Il faut donc le renforcer en engageant les investissements nécessaires. Améliorer le cadre de vie immédiat des habitants, rénover les équipements municipaux, se donner les moyens de mieux accompagner les Villejuifois sur le plan social ou sur le plan éducatif, ce sont autant de dépenses socialement utiles, sur lesquels nous ne pouvons pas rogner.

Il y a aussi tout un travail de réorganisation que l'ensemble des personnels de la Ville accomplissent au quotidien pour gagner en efficacité, en proximité et en qualité d'accueil. C'est un travail indispensable et parfois difficile. Je tiens d'ailleurs à saluer le professionnalisme et le sens du service public des fonctionnaires de la ville avec lequel ils le font, alors que régulièrement des politiques et des journalistes, en mal de bouc émissaires, attaquent la fonction publique, son statut et ses soi-disant privilèges. Au passage, ils épargnent les vrais privilégiés des politiques fiscales menées depuis 10 ans : les 1% les plus riches. Ce sont ces politiques fiscales qui sont responsables des 2/3 de l'augmentation des déficits et de la dette de l'Etat, dettes dont les collectivités territoriales ne sont en rien responsables !

Notre dernière priorité, c'est l'ensemble des grands projets que nous avons inscrits au Contrat Municipal, ceux qui vont faire le Villejuif de demain. Le PADD nous a permis de nous projeter en avant et de fixer nos objectifs pour la ville. Certains chantiers sont prioritaires comme la rénovation urbaine des quartiers sud. D'autres sont bien avancés comme l'aménagement diversifié des quartiers nord. Le fait d'avoir gagné avec les habitants la bataille des trois stations va permettre d'aller plus en avant sur de nombreux projets porteurs, et notamment dans la réalisation de Cancer Campus. Sur tous les projets, du quartier Robert Lebon au Plan Local d'Urbanisme, nous continuerons à faire vivre la démocratie, à construire avec les Villejuifois afin qu'ils soient acteurs de leur ville.

L'ensemble de ces projets s'accompagne d'une politique d'aménagement ambitieuse, volontaire et juste. Nous avons besoin de construire de la mixité sociale, de rénover et de moderniser la ville, d'accompagner l'activité économique, celle qui crée des emplois et des services, et pas celle qui spécule et qui nous conduit à la ruine.

Mais, au-delà des choix de gestion que nous prenons en responsabilité et que nous assumons, il y a des batailles à livrer et à gagner avec l'ensemble des Villejuifois pour que nous ne nous retrouvions plus, comme aujourd'hui, à faire des choix sous la contrainte.

Une autre politique est possible. Nous proposons une vraie réforme de la fiscalité locale, une réforme qui ne consiste pas à démanteler tout ce qui peut contribuer à rendre les gens plus solidaires, mais qui serait à la fois juste et efficace.

Une nouvelle taxe professionnelle qui inclurait dans son assiette les actifs financiers, dont les collectivités garderaient le contrôle, donnerait au service public local les moyens dont il a besoin pour répondre aux attentes des habitants. Cela rendrait également la fiscalité des entreprises plus équitable en favorisant les investissements directement productifs plutôt que les profits des spéculateurs et des rentiers.

La création d'un pôle public financier qui ferait des prêts à taux bas et limités pour réaliser des investissements socialement utiles nous permettrait de ne plus dépendre des marchés financiers. La faillite de Dexia montre bien que l'avenir n'est pas dans des marchés dérégulés, que cette dépendance aux marchés et à la spéculation ne peut que conduire à la catastrophe.

Cette réforme qui engage bien plus que l'avenir de Villejuif, nous la porterons, à Villejuif et avec les Villejuifois.