Dans le cas de Villejuif, ces besoins grandissent d’autant plus vite que notre ville connaît une croissance démographique sans précédent avec près de 2 000 habitants supplémentaires par an au cours des dernières années. Cela représente une chance pour notre ville mais aussi un défi à relever au moment de faire des choix budgétaires.

L’élaboration de ce budget dans un contexte politique et financier plus que complexe, n’a pas été si simple, nous avons pris le temps de le travailler avec nos agents et avec les élus.  Cela représente des heures de travail, de dialogue, d’écoute, de  débats. Cela a demandé à chacun un grand investissement que je salue ce soir. Ce temps passé à l’élaboration du budget n’avait pas d’autre objectif que de répondre aux besoins des villejuifois, et de respecter le Contrat que nous avons passé avec eux.

Plus que jamais, il s’agit de construire ensemble une ville pour tous à la fois ouverte, dynamique et solidaire. Nous n’acceptons pas la logique dans laquelle se sont enfermés la plupart des gouvernements européens où une vision froide et technocratique, au service des capitaux plus que des hommes, a remplacé l’exigence démocratique de répondre aux attentes des citoyens. C’est en ayant à cœur cette exigence que nous avons défini trois grandes priorités pour ce budget : améliorer le cadre de vie des habitants, soutenir l’éducation publique et renforcer les solidarités dans la ville.

 

Le choix de ces priorités est le résultat du dialogue constant que nous avons avec les habitants. Il s’agit pour nous de répondre à leurs interrogations, à leurs inquiétudes, à leurs espoirs. Pour nous, il n’y a pas de légitimité démocratique sans cette écoute des habitants, sans ce souci permanent de faire nos choix en fonction de leurs attentes. Comme nous l’avons fait à de nombreuses occasions depuis le début du mandat, et dernièrement lors des rencontres du maire, nous continuerons d’aller à la rencontre des Villejuifois dans les quartiers, seul moyen de faire vivre la démocratie.

Notre première priorité, c’est l’amélioration du cadre de vie des habitants. Nous avons choisi d’augmenter les moyens qui y sont consacrés. Nous investirons notamment dans de nouveaux matériels de nettoyage. Mais nous voulons surtout changer les habitudes et permettre aux Villejuifois d’avoir une plus grande maîtrise de l’espace public qu’ils empruntent chaque jour. C’est tout le sens de la démarche de Gestion Urbaine de Proximité que nous mettrons en œuvre dans les quartiers sud de Villejuif. Cette démarche doit permettre que la Ville, la CAVB, les bailleurs et les habitants travaillent davantage ensemble pour améliorer le quotidien. C’est en fait une manière plus citoyenne d’aborder ces questions en créant du lien social et du mieux vivre-ensemble.

L’éducation, sacrifiée par le président et son gouvernement qui aura supprimé près de 100 000 postes à l’Éducation Nationale au cours de ce mandat, est pour nous fondamentale. Elle est la clé de voute du pacte républicain. S’y attaquer comme le fait Monsieur Sarkozy pour des gains très faibles, c’est trahir ce pacte et briser la confiance des citoyens envers l’État. Les dépenses dans ce domaine sont des investissements à long terme et ne doivent en aucun cas servir de variable d’ajustement budgétaire. Dans notre ville, où on a pu constater les dégâts occasionnés par cette politique avec la disparition des RASED, la fin de la scolarisation des moins de trois ans, des classes de plus en plus chargées même en ZEP, l’État se prépare à supprimer encore des postes à la prochaine rentrée alors que les élèves sont de plus en plus nombreux. La nécessaire mobilisation que nous soutenons contre ce démantèlement programmé de l’éducation publique passe par une action déterminée de la municipalité. C’est ce que nous ferons en mettant en place progressivement la pause méridienne de deux heures, parce qu’elle est le seul moyen d’avoir l’assurance que tous les élèves aient un accès égal à la restauration scolaire. Nous le ferons également en continuant le travail de réhabilitation des locaux scolaires que nous avons entrepris depuis plusieurs années, et en renforçant les capacités d’accueil des ADL. L’enjeu, c’est de donner aux familles et aux enfants de Villejuif le service public de l’éducation auxquels ils ont droit et que l’État ne veut plus prendre en charge.

Notre troisième grande priorité, incontournable en période de crise, consiste à renforcer notre action en matière de santé et de solidarité. Là encore, la Ville, dans la mesure de ses moyens, s’engage sur un terrain que délaisse de plus en plus l’État et compense les reculs du service public national. Des mutuelles de plus en plus chères à cause des taxes qu’elles doivent payer, une sécurité sociale qui prend de moins en moins de dépenses à sa charge, des services hospitaliers et des centres de soins qui ferment ou qui sont surchargés, tout pousse les patients à moins se soigner. Au moment où des millions de personnes  y renoncent faute de moyens ; Nous avons choisi de prendre le contre-pied de cette politique destructrice. Les Centre Municipaux de Santé sont confrontés à une demande croissante. Nous avons décidé de renforcer leurs capacités d’accueil. Investir dans un cinquième cabinet dentaire, c’est permettre à plus de personnes de recevoir des soins qui sont devenus hors de prix dans le privé.

Renforcer les solidarités au sein de la ville, c’est s’engager aux cotés de chacun et ceci tout au long de son parcours de vie ; des enfants aux jeunes en passant par les retraités. C’est soutenir les jeunes dans leurs recherche d’emplois, d’insertion, à les aider à prendre toute leur place comme citoyens. Pour nos ainés c’est les aider à vivre mieux, par un accompagnement social et culturel mais aussi au quotidien par le portage des repas, les aides ménagères. Nous décidons donc d’augmenter les moyens et humains et financiers dans ces secteurs.

 

En construisant ce budget, nous avons refusé d’entrer dans la logique d’austérité que prétend nous imposer le gouvernement. Nous pensons en effet que l’austérité généralisée ne peut être que destructrice et qu’il est de la responsabilité de la Ville, en particulier en période de crise, d’agir pour combattre la pauvreté et la précarité et pour que chacun ait accès aux services publics. Nous  continuerons de mener une politique de développement et d’aménagement volontariste. Nous poursuivrons l’élaboration de notre PLU avec les Villejuifois, ainsi que les grands projets métropolitain. Cancer campus, la ZAC Aragon, les projets urbains autour des nouvelles gares sont essentiels pour l’avenir de Villejuif. Nous devons rester vigilants, élus et Villejuifois, pour que la gare Chevilly-3 communes puisse voir le jour. Cette gare, nous savons qu’elle est attendue et indispensable au renouvellement urbain des quartiers Sud, qui, pour nous est un chantier prioritaire. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons à l’avenir garantir que Villejuif restera une ville accessible à tous.

Si, dans un contexte économique et politique aussi défavorable, nous arrivons à présenter un budget aussi ambitieux sans pour autant augmenter les taux d’impositions et sans creuser notre dette, c’est parce que nous bénéficions du travail important qui a été réalisé au cours des dernières années. Depuis le début du mandat nous menons avec les agents de la ville un effort permanent pour améliorer la qualité de notre gestion et l’efficacité de nos services. Nous en voyons aujourd’hui les retombées. Nous pouvons maintenir un service public de qualité, le renforcer dans certains secteurs prioritaires, continuer à investir pour l’avenir, sans mettre en danger l’équilibre financier de la Ville.

Nous restons malheureusement tributaires de facteurs sur lesquels nous n’avons pas de maîtrise : des fluctuations des marchés concernant nos emprunts, des choix de l’État concernant nos ressources fiscales. Nous demandons donc à l’État des garanties : la création d’un pôle public financier qui permettrait aux collectivités d’emprunter dans de bonnes conditions pour financer des investissements socialement utiles, une réforme de la fiscalité où le capital serait davantage mis à contribution.

Car une autre politique est possible, une politique aux services des citoyens qui mette l’Humain d’abord, qui réponde à leurs besoins avec une meilleure répartition des richesses. Les politiques d’austérités appliquées à l’échelle européenne n’ont qu’un seul objectif : appauvrir toujours plus le peuple qui n’est en rien responsable de cette crise. Nous pouvons choisir au contraire de taxer le capital et de s’attaquer à la finance.

Nous n’aurons de cesse à Villejuif d’exiger avec les habitants les moyens auxquels nous avons droit. Ceci étant, avec ce budget, nous restons fidèles à nos valeurs et au contrat que nous avons passé avec les Villejuifois, nous ne pouvons que l’approuver et remercier tous ceux, élus ou agents de la Ville qui ont aidé à le construire.