Intervention pour le groupe des élus communistes partenaires et citoyens de

Sandra Da Silva Pereira, présidente de groupe

et Maire-adjointe déléguée à la Démocratie participative, la Citoyenneté et la Tranquillité publique

 

Au moment de voter le dernier budget de cette mandature nous avons beaucoup d’interrogations et beaucoup d’inquiétudes sur la possibilité pour notre commune, demain, de faire vivre ses services publics et de répondre aux besoins de la population.

La création de l’unité administrative de la métropole parisienne, qui nous est imposée malgré l’opposition active de la majorité des élus locaux, signifie tout d’abord un bouleversement démocratique et un éloignement du citoyen du centre de décisions.

Par ailleurs, certaines compétences assumées aujourd’hui par les communes, ou par les communautés d’agglomération qui sont le fruit d’un long travail de collaboration avec nos voisins pour l’intérêt général, lui seront transférés.

Enfin, les capacités de financement des communes seront fortement réduites alors même qu’elles représentent plus de 70% de l’investissement public réalisé dans ce pays.

 

Dans les faits, c’est plus de 30 000 postes de fonctionnaires qui, par la succession des différents transferts prévus, pourraient être supprimés à court terme en île de France. Je pense sincèrement que c’est faire fausse route. Et nous continuerons à nous opposer à cette vision de gestion comptable et libérale du service public. 

Car au-delà des chiffres, c’est de la réalité humaine dont il s’agit véritablement, mais aussi de la cohésion d’une société frappée par une crise profonde. Notre budget en est la démonstration.

 

Dans la continuité des années précédentes nous avons confirmé la hausse des crédits pour le CCAS, le CMS, les dépenses relatives à l’enfance, à la culture et à l’éducation. Dans la vie quotidienne, cela concerne donc les services et les agents qui sont chargés de la prise en charge de nos retraités et le portage des repas, des agents qui s’occupent de nos enfants dans les écoles, qui les aident traverser la route ou qui les prennent en charge sur le temps du midi.

Il s’agit des agents du centre médical et du centre dentaire dont l’activité au sein d’un service public municipal fait reculer le renoncement aux soins, qui concerne pourtant aujourd’hui plus de la moitié de la population française.

Il s’agit des agents des MPT, de la médiathèque ou des écoles d’art qui permettent aux enfants de Villejuif d’accéder à la culture quelles que soit le revenu de leurs parents.

Il s’agit des services techniques et de la voirie, des agents qui nettoient les rues et entretiennent les parcs, les espaces publics et équipements de la ville fréquentés chaque jour par des milliers d’usagers. Sur ce dernier point, d’ailleurs, un travail important a été réalisé dans le cadre de l’élaboration du plan propreté qui marque des avancées notables dans l’amélioration des moyens dédiés à cette problématique essentielles pour les habitants, car il fait leur quotidien.

Il s’agit aussi, souvent, de services et d’agents qui, dans l’exercice de leurs missions, portent la responsabilité de répondre aux besoins de populations parfois très en difficulté.

Pour ce budget, cette année encore,  nous avons été constamment à l’écoute des habitants et nous les avons, autant que faire se peut, associés à l’élaboration des projets car la gestion d’un territoire ne trouve sa justesse que dans un rapport étroit avec ceux qui le font vivre. C’est exactement ce que me disait récemment une habitante d’Alexandre Dumas « Lors des assises nous avions demandé la réhabilitation du parc, nous sommes heureux de voir sa réalisation en concertation avec les habitants ». Dans ce quartier et le quartier Robert Lebon, particulièrement touchés par les effets de la crise, l’intervention de la ville a permis d’améliorer le cadre de vie tout en impulsant des dynamiques nouvelles impliquant les citoyens et favorisant le bien vivre ensemble.

 

Un service public doit, pour être efficace, traiter ces agents de façon égalitaire. Exiger l’investissement de chacun suppose de lutter contre le sentiment d’iniquité que certains agents peuvent ressentir, et qui, s’ajoutant parfois aux frustrations générées par le manque de moyens pour accomplir ses missions, crée de la souffrance et du découragement.

C’est pourquoi, notre groupe insiste sur l’importance de la refonte du régime indemnitaire construite, depuis un an avec les syndicats des fonctionnaires territoriaux, s'appuie sur la nouvelle politique RH afin de valoriser la technicité, la compétence, l'investissement, l'égalité entre les filières et accompagne les changements organisationnels et le travail en mode projet. C’est une condition nécessaire d’une meilleure reconnaissance de l’apport de nos agents, et donc demain d’une plus grande implication gage d’une amélioration de la qualité pour le service public municipal.

 

Je sais que pour certains membres de l’opposition au sein de ce conseil municipal, le budget de notre commune  n’est qu’une succession de colonnes de chiffres qui leur permettent ensuite de distribuer à notre équipe les bons et les mauvais points de gestion de la dette ou de rationalisation des dépenses.

 

Pour nous, les élus de la majorité, il s’agit d’un difficile travail d’équilibriste entre les contraintes financières, qui ne cessent de s’aggraver depuis 2008, la satisfaction des besoins légitimes d’une population en croissance et le maintien des taux d’impositions, depuis 4 ans, car, de toute évidence, une augmentation de ces taux pèserait trop sur le budget des ménages qui ont déjà vu, pour la plupart, leur pouvoir d’achat sérieusement amputé, notamment par l’augmentation des impôts au niveau national.

 

Malgré ces difficultés, nous avons su développer et améliorer la qualité du service rendu, grâce à l’engagement de nos élus et l’investissement de nos agents. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Je vous invite donc à voter ce budget, le dernier de ce mandat, car il porte la marque des valeurs qui nous animent et qui font de Villejuif une ville dynamique, humaine, solidaire et résolument tourné vers l’avenir. Bref, la ville pour tous que nous aimons et que nous continuerons à défendre.