Comme des millions de femmes, nous avons eu droit pour le 8 mars parfois à des fleurs, souvent à des « bonne fête » et quasi systématiquement à des blagues machistes. Comme des millions de femmes, nous avons levé les yeux au ciel et soupiré, nous interrogeant sur le sens de cette journée. Comme si le 8 mars était la célébration de nos soi-disant caractéristiques féminines, signes qu’on nous accole en réalité pour nous enfermer dans les rôles stéréotypés de la douceur, de la maternité ou de la séduction.

Mais, comme des millions de femmes, mardi, nous avons aussi pu entendre parler des droits des femmes. Sur nos écrans, dans nos postes de radios, lors des centaines de débats organisés, sur tout le territoire, notamment par nos associations : nous avons pensé l’égalité et avons oeuvré à la faire avancer. C’est à cela précisément que sert le 8 mars.

Depuis que vous êtes président de la République, que s’est-il passé pour les femmes ? La réforme des retraites votée en 2010 va accentuer les inégalités déjà abyssales entre les femmes et les hommes en matière de pension. La réforme de l’hôpital public a eu comme conséquence la fermeture de dizaines de centres d’interruption volontaire de grossesse. Malgré le vote de la loi du 9 juillet 2010 et la proclamation de la lutte contre les violences « Grande cause nationale », les actes violents envers les femmes ont augmenté en 2010. Enfin, les femmes constituant 80% des salariés payés au SMIC, son absence de revalorisation touche directement leur pouvoir d’achat.

Nous ne sommes pas dupes : une journée ne suffira pas. Mais plutôt que de remettre en cause son utilité comme vous l’avez fait, pourquoi ne pas vous exprimer sur l’importance de mener cette bataille toute l’année ? Plutôt que de nier les inégalités en véhiculant des stéréotypes qui sont en décalage complet avec la réalité, pourquoi ne pas reconnaître les inégalités qui structurent encore profondément notre pays et prendre immédiatement des mesures pour les faire reculer ? Vous êtes le Président de la République depuis 4 ans, il serait temps de vous y mettre.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos salutations distinguées.

Caroline De Haas, Porte-parole d’Osez le féminisme !,

Carine Favier, Présidente du Planning Familial

Sabine Salmon, Présidente de Femmes Solidaires