Non ! Monsieur le président de la République, Non ! Monsieur le président du MEDEF, nous ne voulons pas travailler plus longtemps au motif que nous vivons plus longtemps.

C’est justement parce que nous travaillons moins, parce nous avons acquis des droits par nos luttes - congés, sécurité sociale, santé, éducation - que notre espérance de vie a augmenté.

Demander une durée de cotisation tendant à 45 ans de travail pour une retraite à taux plein est irréaliste quand on sait que les salariés en moyenne ne peuvent se maintenir dans l’emploi actif que 35 ans du fait de l’allongement des études ou de la généralisation de la précarité. Faire partir à la retraite à 67 ans des salariés usés, fatigués et parfois relégués au chômage puis tributaires des minimas sociaux depuis l’âge de 55 ans est une absurdité. En particulier pour les femmes dont seulement 44% arrivent à valider une carrière complète.

Cette réforme va donc aboutir à des pensions très maigres, qui plongeront nombre de retraités dans la pauvreté, ce qui est déjà le cas pour un certain nombre… Et encore, pour ceux qui parviendront à prendre leur retraite avant d’être trop malades pour en profiter, car l’espérance de vie en bonne santé et sans incapacité est en moyenne pour les ouvriers de… 67 ans !

C’est pourquoi, mardi, nous serons dans la rue aux côtés des salariés, des étudiants, des chômeurs, des retraités et de tous ceux qui veulent défendre notre droit à la retraite à 60 ans, avec une pension à la hauteur de leurs besoins. Nous y ferons entendre nos propositions pour garantir et améliorer la protection sociale, qui est notre bien commun.

L’argent nécessaire nous savons où le trouver : en taxant les revenus financiers, c’est-à-dire les fruits de la spéculation responsable des plans sociaux dans des centaines d’usines ; en supprimant les exonérations de cotisations patronales qui profitent surtout aux grandes entreprises ; en établissant une véritable égalité professionnelle hommes/femmes : Avec des CDI à temps plein, des salaires égaux à ceux des hommes et une politique de la maternité et de la petite enfance mieux adaptée aux besoins, les femmes auront un meilleur parcours professionnel et cotiseront plus et plus longtemps. Cette unique mesure permettrait d’ores et déjà de combler le déficit du régime à l’horizon 2020.

Mais, surtout, ce qui importe, c’est l’emploi et le niveau des salaires : Avec moins de chômeurs et des salaires plus élevés, et donc des cotisations plus importantes, l’avenir des retraites serait assuré.

Les politiques d’austérité de l’Europe, que le gouvernement applique, sont à l’inverse de cette dynamique car elles étouffent l’économie du quotidien. La constante baisse depuis 10 ans des budgets des services publics, qui permettaient de redistribuer les richesses et créaient l’emploi, également.

Ces mesures nous conduisent droit dans le mur et accentuent les injustices sociales. Alors, ensemble le 10 septembre nous ferons entendre notre voix :  

 

OUI à une retraite en bonne santé !!

NON à vos politiques d’austérités !!